Mayane, bureau d’études héraultais, s’appuie sur sa pluridisciplinarité pour aider les collectivités à développer une culture du risque.

Sa pluridisciplinarité fait sa force. Dès sa création en 2008 à Montpellier, le bureau d’études Mayane s’est positionné sur la réduction de la vulnérabilité des territoires aux risques d’inondation avec plusieurs cordes à son arc. « Mayane, je l’ai un peu conçu comme un centre de recherches, avec la volonté de passer à l’action et en mariant les compétences de plusieurs chercheurs qui ont travaillé comme moi sur cet enjeu. Aujourd’hui nous sommes une quarantaine », a relaté sa directrice générale et fondatrice, Emma Haziza, lors d’une table-ronde sur le risque inondation organisée le 10 novembre à l’Assemblée nationale.

Forte d’un doctorat sur le sujet aux Mines de Paris, elle ne veut surtout pas l’enfermer dans des ornières et ouvre les champs disciplinaires : Mayane a depuis recruté de jeunes experts – ingénieurs de projets, animateurs scientifiques, professionnels de la communication, docteurs en hydrologie, bientôt un psychologue – et produit autant des actions d’études que d’ingénierie des risques, de conseil, de formation ou de communication. « Collectivités, syndicats de bassins, services de l’État, nous accompagnons les décideurs dans leur gestion du risque. Et nous avons créé en interne un pôle pédagogique, porté par une structure d’éducation à l’environnement. La pluridisciplinarité y est aussi de mise. Ingénieurs et éducateurs à l’environnement y travaillent main dans la main ».

Pour aider les territoires à se forger une culture du risque, Mayane réalise des études préalables à la pose de repères de crues et, pour limiter les dégâts, des audits de réduction de la vulnérabilité à diverses échelles dont celle du bâti. « L’engouement pour cet enjeu est très net », poursuit-elle en citant son travail avec la ville de Nîmes : « Comment empêcher l’eau d’y rentrer ou, a minima, à la population de se protéger ? Faut-il créer une zone refuge ? Encore faut-il que les habitants puissent y accéder… Nous sondons leurs besoins et allons à la rencontre de ceux qui ont vécu des inondations et de ceux qui arrivent sur place et n’en ont jamais connu ».

Autre mission en cours, diagnostiquer la vulnérabilité aux inondations des bâtiments de France Médias Monde (France 24, RFI). Quant aux outils à la disposition des acteurs locaux – Papi, Stratégie locale de gestion des risques d’inondation  (SLGRI), ils existent « mais il reste à mieux les faire connaître et à les mettre en adéquation ». La mécanique est encore grippée et les difficultés de mise en œuvre sont colossales : « Un dossier pour un Papi, c’est 400 pages ! Et on voit de tout en matière de plan communal de sauvegarde (PCS). Parfois il fait quatre pages, parfois cent fois plus. Nous militons pour qu’à l’échelon préfectoral, leur qualité soit vérifiée et leur niveau d’opérationnalité acté ».

MB

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